Coton du diable (Abroma augustum)

Abrome royal Ambrome auguste
IUCN: Préoccupation mineure
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Abroma augustum (coton du diable) : morphologie, fleurs et usages

Abroma augustum est un grand arbuste ou petit arbre originaire des régions tropicales d'Asie et du Pacifique occidental, reconnaissable à ses fleurs pourpre sombre qui pendent comme de délicates lanternes sous le feuillage. Son épithète spécifique augustum, qui signifie « majestueux » ou « royal » en latin, souligne l'allure imposante de son port et l'élégance singulière de sa floraison.

Cette espèce est l'unique représentante du genre Abroma au sein de la famille des Malvaceae (autrefois rattachée aux Sterculiaceae). D'abord décrite en 1768 par Carl von Linné sous le nom de Theobroma augustum, elle a reçu sa combinaison actuelle en 1782 grâce à son fils, Carl von Linné le Jeune.

Taxonomie

  • ∟ царство Plantae
  • ∟ embranchement Tracheophytes (Plantes vasculaires)
  • ∟ sous-embranchement Spermatophytes (Plantes à graines)
  • ∟ Angiosperms
  • ∟ mesangiosperms (Mésangiospermes)
  • ∟ eudicots (Eudicotylédones)
  • ∟ core eudicots
  • ∟ Superrosids
  • ∟ rosids
  • ∟ malvids
  • ∟ ordre Malvales
  • ∟ famille Malvaceae
  • ∟ sous-famille Byttnerioideae
  • ∟ genre Abroma
  • ∟ espèce Abroma augustum (Coton du diable)

Pouls Vivant

Morphologie

Port et revêtement défensif

Dans son habitat naturel, cet arbuste dressé atteint généralement 2 à 4 mètres de hauteur, bien que certains sujets puissent s'élever jusqu'à 10 mètres. Ses rameaux et son écorce sont tapissés de poils étoilés (trichomes ramifiés en étoile) raides et cassants, accompagnés de poils glanduleux qui provoquent une vive irritation cutanée au moindre contact.

Feuillage polymorphe

La plante présente une remarquable hétérophyllie, c'est-à-dire que la forme de ses feuilles simples et alternes varie selon leur position sur la branche. Cette organisation permet d'optimiser la capture de la lumière du sommet jusqu'à la base du buisson :

  • Les feuilles situées vers la base des rameaux sont larges, arrondies à cordées (en forme de cœur), mesurant de 20 à 37 cm de diamètre et découpées en 3 à 5 lobes bien marqués.
  • Les feuilles proches de l'extrémité des tiges sont plus étroites, de forme ovale-allongée et dépourvues de lobes, avec une marge finement denticulée.

Fleurs en lanternes

Les inflorescences sont des cymes (bouquets ramifiés à croissance définie) terminales ou opposées aux feuilles, regroupant de 1 à 4 fleurs pendantes de 3 à 7,5 cm de diamètre. Chaque fleur bisexuée se compose de cinq pièces florales à l'architecture complexe :

  • Le calice verdâtre est profondément divisé en cinq lobes triangulaires de 15 à 20 mm de long.
  • Les cinq pétales en forme de cuillère, teintés de pourpre sombre, de marron rougeâtre ou parfois de jaunâtre, possèdent une base blanche concave et un limbe souple qui pend vers le sol.
  • Le tube staminal en forme d'urne porte 15 anthères fertiles regroupées par trois, alternant régulièrement avec cinq staminodes (étamines stériles transformées en pièces nectarifères ou visuelles).

Fruits et graines

Après la pollinisation, la fleur laisse place à une capsule papyracée de 4 à 5 cm de long, en forme de cloche ou de cône inversé, qui se redresse vers le ciel. Ce fruit caractéristique est bordé de cinq ailes longitudinales bien développées et s'ouvre à maturité par le sommet et les cloisons pour libérer de nombreuses graines noires cylindriques de 3 à 4 mm, dépourvues d'ailes ou d'arille.

Période de floraison

La floraison a lieu de la fin du printemps au début de l'automne selon les régimes de mousson (principalement de mai à septembre).

Janv
Fév
Mar
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sep
Oct
Nom
Déc

Applications

L'écorce interne (le liber, tissu conducteur riche en cellulose) fournit une fibre blanche, souple et très résistante, dont la qualité rivalise avec celle du jute. Après un rouissage traditionnel de deux à trois jours dans l'eau ou la boue pour décomposer l'écorce externe rugueuse, ces fibres sont filées pour fabriquer des cordages, des filets de pêche, des lignes, des hamacs, des vêtements ou même des postiches teints dans certaines régions d'Indonésie.

En médecine traditionnelle sud-asiatique, ainsi qu'en ayurvéda et en homéopathie, les racines, les tiges et les feuilles contenant des alcaloïdes (comme l'abromine), des phytostérols et du mucilage sont employées pour réguler le cycle menstruel et apaiser la dysménorrhée, bien que ses propriétés utérotoniques et abortives imposent une grande prudence. La plante est également cultivée sous les tropiques et dans les serres de collections botaniques comme arbuste ornemental pour ses fleurs pendantes singulières.

Faits intéressants

Une architecture foliaire à double vitesse

Dans les lisières forestières humides et les clairières secondaires d'Asie tropicale, la compétition pour la lumière est permanente. Abroma augustum y répond par un feuillage à géométrie variable d'une grande précision mécanique.

Les feuilles supérieures, étroites et entières, laissent filtrer une partie du rayonnement solaire vers l'intérieur du buisson tout en offrant moins de prise aux pluies de mousson. Juste en dessous, les larges feuilles basales lobées à long pétiole se déploient comme des panneaux solaires grand format pour capter la lumière diffuse sans s'ombrager mutuellement.

Le piège mécanique de la fleur et le retournement du fruit

Tout le cycle reproducteur de la plante repose sur une coordination spatiale minutieuse entre la gravité, les insectes pollinisateurs et le vent :

  • Pendant la floraison, le pédoncule maintient la fleur tête en bas : les pétales en cuillère forment une chambre abritée de la pluie, tandis que la base blanche translucide agit comme un vitrail lumineux qui guide les diptères vers le tube staminal.
  • Une fois la fécondation accomplie, l'orientation change : la capsule à cinq ailes se dresse verticalement et s'ouvre par le haut comme une coupe.
  • Les graines noires ne tombent donc pas immédiatement au pied de la plante mère, mais attendent que les bourrasques secouent les cinq ailes rigides du fruit pour être projetées alentour, tandis que les poils urticants dissuadent les herbivores de consommer la capsule avant maturité.

D'ailleurs, lorsque Carl von Linné étudia ce végétal au XVIIIe siècle, la structure en capuchon de ses pétales et son tube staminal lui rappelèrent tant le cacaoyer qu'il le classa initialement dans le genre Theobroma (« nourriture des dieux »). Quelques années plus tard, les botanistes créèrent pour lui le nom Abroma (du préfixe grec privatif a- et de broma, « nourriture ») pour signaler que, malgré cette ressemblance florale frappante, ses capsules irritantes n'avaient rien d'un mets comestible.

Géographie de distribution

  • Inde
  • Bangladesh
  • Népal
  • Bhoutan
  • Myanmar
  • Chine
  • Thaïlande
  • Viêt Nam
  • Malaisie
  • Indonésie
  • Philippines
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Îles Salomon
  • Australie
  • Micronésie
  • Palaos
  • Maldives
  • Trinité-et-Tobago

Informations techniques

Synonymes du taxon : Theobroma augustum, Abroma fastuosum, Abroma molle, Abroma wheleri

Bases de données externes : GBIF, POWO, Tropicos

Voir aussi

Picrasme

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Genre d'arbres et d'arbustes de la famille des Simaroubaceae, connus pour l'extrême amertume de leur …