Amydrium de Zippel (Amydrium zippelianum)

Amydrium zippelianum : morphologie, usages et culture de cette aracée

Amydrium zippelianum est une vigoureuse liane grimpante des forêts pluviales de basse et moyenne altitude, originaire des îles de la Malésie centrale (Philippines, Célèbes, Moluques) jusqu'à la Nouvelle-Guinée. Elle attire immédiatement le regard par l'architecture sculpturale de ses grandes feuilles adultes, à la fois perforées le long de la nervure centrale et profondément découpées en lobes étroits, tandis que son épithète zippelianum rend hommage à Alexander Zippelius, horticulteur et naturaliste du XIXe siècle qui collecta la flore de Nouvelle-Guinée et des îles indonésiennes.

Membre de la famille des Araceae (sous-famille des Monsteroideae, tribu des Monstereae), cette espèce a d'abord été décrite par le spécialiste des aracées Heinrich Wilhelm Schott. C'est en 1968, dans la revue botanique Blumea, que le botaniste américain Dan Henry Nicolson lui a attribué sa combinaison taxonomique actuelle, Amydrium zippelianum.

Taxonomie

  • ∟ царство Plantae
  • ∟ embranchement Tracheophytes (Plantes vasculaires)
  • ∟ sous-embranchement Spermatophytes (Plantes à graines)
  • ∟ Angiosperms
  • ∟ monocots (Monocotylédones)
  • ∟ ordre Alismatales (Ordre des alismas)
  • ∟ famille Araceae (Aracées)
  • ∟ sous-famille Monsteroideae
  • ∟ genre Amydrium
  • ∟ espèce Amydrium zippelianum (Amydrium de Zippel)

Pouls Vivant

Morphologie

Port et hétéroblastie

Cette liane hémiépiphyte présente une hétéroblastie (un changement spectaculaire de la forme des feuilles entre la jeunesse et la maturité) particulièrement marquée. Les jeunes plants produisent des tiges fines (dites flagelliformes) qui courent sur le sol forestier à la recherche d'un tronc, portant de petites feuilles entières en forme de cœur, avant de s'épaissir vigoureusement dès qu'elles grimpent vers la lumière.

Feuillage adulte

Sur les sujets matures, les feuilles atteignent des dimensions imposantes et déploient une silhouette complexe :

  • Le pétiole est robuste, canaliculé et doté d'une gaine basale qui finit par se désagréger en un réseau caractéristique de fibres sèches semblables à du crin végétal.
  • Le limbe est profondément pennatipartite (découpé en lanières latérales régulières) et ponctué de fenestrations (perforations naturelles ovales ou arrondies) situées de part et d'autre de la nervure médiane, avec des nervures tertiaires dessinant un fin maillage réticulé entre les nervures principales.

Inflorescence et fruits

La floraison donne naissance à un spadice cylindrique et stipité (porté par un court pied interne), enveloppé d'une spathe charnue de couleur crème à jaunâtre qui s'ouvre puis tombe rapidement. À maturité, l'infrutescence porte des baies globuleuses qui passent du vert au blanc ou à l'orangé, libérant des graines nichées dans une pulpe mucilagineuse.

Paramètres d'entretien

Lumière

Lumière vive mais filtrée (exposition tamisée indispensable pour stimuler l'apparition des découpes et perforations).

Arrosage

Arrosages généreux en période de croissance dans un substrat très aéré (écorces, perlite, fibre de coco), en laissant sécher légèrement la surface.

Température

Ambiance chaude entre 20 °C et 30 °C toute l'année, à l'abri des courants d'air froids (minimum 15 °C).

Humidité

Humidité atmosphérique élevée, de 65 % à 85 %, avec un tuteur moussu humide pour nourrir ses racines aériennes.

Toxicité

Toxique en cas d'ingestion pour l'humain et les animaux domestiques (présence de raphides d'oxalate de calcium irritants dans la sève).

Applications

Dans le domaine horticole, Amydrium zippelianum est cultivée comme plante ornementale d'intérieur ou de serre chaude pour le graphisme spectaculaire de son feuillage découpé. Elle est très appréciée des collectionneurs de plantes tropicales qui la conduisent sur des tuteurs de sphaigne pour obtenir sa forme adulte fenestrée.

Dans ses régions d'origine, en particulier en Asie du Sud-Est insulaire et en Nouvelle-Guinée, la plante possède également un usage en médecine traditionnelle : ses feuilles sont appliquées localement comme remède populaire pour soulager les douleurs costales et intercostales.

Faits intéressants

Un programme de métamorphose guidé par l'ombre et l'ascension

La vie d'un Amydrium zippelianum dans la jungle de Nouvelle-Guinée ou des Célèbes repose sur une séquence d'adaptations mécaniques et physiologiques où la plante change complètement d'outillage selon l'étage forestier qu'elle traverse :

  • Au départ, la jeune tige utilise la skototropie (la croissance dirigée vers la silhouette la plus sombre de l'horizon) : au lieu de chercher tout de suite la lumière, elle file droit vers la masse sombre du tronc d'arbre le plus proche, en ne portant que de minuscules feuilles économiques pour ne pas épuiser ses réserves.
  • Dès que ses racines crampons s'ancrent sur l'écorce verticale et que la plante s'élève vers les strates mieux éclairées, son programme de développement bascule : les nouveaux bourgeons produisent des feuilles géantes dont certaines cellules meurent de façon programmée avant même le déploiement du limbe (apoptose foliaire), sculptant à la fois des trous internes et de profonds lobes marginaux.
  • Cette architecture ajourée remplit trois fonctions coordonnées : elle laisse passer les rafales de vent tropical et les trombes d'eau sans déchirer le limbe ni arracher la liane de son tuteur, elle favorise le refroidissement par convection de la feuille exposée au soleil, et elle laisse filtrer la lumière vers les feuilles inférieures de la même tige.

Même la gaine du pétiole participe à cette mécanique de précision : en se décomposant en un manchon de fibres entrelacées autour des nœuds, elle retient l'humus et l'eau de pluie contre la tige, créant un micro-réservoir humide directement au contact des nouvelles racines aériennes.

Géographie de distribution

  • Philippines
  • Indonésie
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée

Sources

  • Nicolson, D. H. (1968). A revision of the genus Amydrium (Araceae). Blumea: Tijdschrift voor de Systematiek en de Geografie der Planten, 16(1): 123–127.
  • Plants of the World Online (POWO) — Royal Botanic Gardens, Kew : Amydrium zippelianum (Schott) Nicolson.
  • World Flora Online (WFO) — Amydrium zippelianum (Schott) Nicolson.
  • Germplasm Resources Information Network (GRIN) — USDA, ARS : Amydrium zippelianum.

Informations techniques

Synonymes du taxon : Rhaphidophora zippeliana, Rhaphidophora warburgii, Epipremnum zippelianum, Epipremnum elmerianum, Epipremnum luzonense, Epipremnum magnificum, Amydrium magnificum, Epipremnum mampuanum, Epipremnum asperatum

Bases de données externes : GBIF, POWO, Tropicos

Voir aussi

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Genre d'arbres et d'arbustes de la famille des Simaroubaceae, connus pour l'extrême amertume de leur …