Métaséquoia distique (Metasequoia disticha)

Metasequoia disticha : morphologie et histoire de ce conifère fossile

Metasequoia disticha était un grand arbre résineux à feuillage caduc qui peuplait les forêts humides et tempérées de l'hémisphère Nord durant le Cénozoïque. Il se distinguait par ses rameaux courts portant des aiguilles plates alignées sur deux rangs opposés, une géométrie régulière que souligne son épithète spécifique disticha, signifiant « disposé sur deux rangs ».

Ce représentant éteint de la famille des Cupressaceae (sous-famille des Sequoioideae) a d'abord été décrit sous le basionyme Sequoia disticha par le paléobotaniste suisse Oswald Heer. En 1941, le botaniste japonais Shigeru Miki a réexaminé ses restes fossiles dans des gisements d'argile et de lignite du Japon central et a créé le genre Metasequoia, quelques années à peine avant la découverte en Chine d'un proche parent bien vivant, Metasequoia glyptostroboides.

Taxonomie

  • ∟ царство Plantae
  • ∟ embranchement Tracheophytes (Plantes vasculaires)
  • ∟ sous-embranchement Spermatophytes (Plantes à graines)
  • ∟ super-classe Gymnospermae (Gymnospermes)
  • ∟ embranchement Pinophyta
  • ∟ sous-classe Cupressidae
  • ∟ ordre Cupressales (Cyprès et genévriers)
  • ∟ famille Cupressaceae (Cyprès)
  • ∟ sous-famille Sequoioideae (Séquoias)
  • ∟ genre Metasequoia (Métasequoia)
  • ∟ espèce Metasequoia disticha (Métaséquoia distique)

Pouls Vivant

Morphologie

Port et rameaux

À l'image du métaséquoia actuel dont il est morphologiquement très proche, cet arbre possédait une silhouette élancée et deux types de pousses bien distincts. Ses rameaux longs assuraient la charpente durable de la couronne, tandis que ses rameaux courts (ou brachyblastes — de fines ramilles latérales spécialisées) portaient les aiguilles et tombaient tout entiers à l'automne.

Feuillage

Les feuilles étaient des aiguilles souples, linéaires et aplaties, dotées d'une nervure centrale bien marquée. Contrairement aux séquoias du genre Sequoia ou aux cyprès chauves du genre Taxodium dont les feuilles s'insèrent en spirale, celles de Metasequoia disticha étaient implantées de manière strictement opposée-décussée, mais tordues à la base pour s'étaler dans un seul plan horizontal.

Cônes séminifères

Les organes reproducteurs femelles formaient de petits cônes ligneux, globuleux à ovoïdes, portés au bout d'un long pédoncule dépourvu d'écailles. Leurs écailles peltées (en forme de petits boucliers épaissis) s'articulaient elles aussi par paires opposées, protégeant des graines plates bordées de deux ailes symétriques pour le transport par le vent.

Applications

Bien qu'il s'agisse d'une espèce éteinte, Metasequoia disticha occupe une place de premier plan dans les collections des muséums d'histoire naturelle et des instituts de paléobotanique. Ses empreintes de ramilles feuillées et ses cônes minéralisés servent de fossiles de référence pour reconstituer les paléoclimats tertiaires d'Asie orientale et d'Amérique du Nord.

Sur le plan historique et muséographique, les spécimens étudiés par Shigeru Miki constituent la clé de voûte qui a permis d'identifier immédiatement les arbres découverts dans le Sichuan et le Hubei dans les années 1940, faisant de ce taxon un exemple classique enseigné dans toutes les facultés de botanique.

Faits intéressants

Une architecture foliaire réglée pour la lumière polaire

Durant le Paléogène et le Néogène, les ancêtres du genre Metasequoia prospéraient jusqu'aux hautes latitudes arctiques et tempérées, là où l'été offrait un ensoleillement rasant mais continu, suivi d'une longue nuit hivernale. La structure de Metasequoia disticha révèle un ajustement précis entre l'économie d'énergie et la capture des rayons lumineux :

  • La disposition opposée et distique des aiguilles sur le rameau court crée un panneau solaire végétal parfaitement plat, où aucune feuille ne projette d'ombre sur sa voisine immédiate.
  • L'abscission automnale du rameau court tout entier (phénomène de cladoptose — le largage programmé d'une ramille complète plutôt que de chaque aiguille séparément) permettait à l'arbre de supprimer d'un coup toute sa surface transpirante avant le gel, sans gaspiller de ressources à entretenir un feuillage inutile dans l'obscurité hivernale.
  • Le long pédoncule nu des cônes femelles élevait les écailles fertiles au-dessus de ce tapis de ramilles plates, assurant aux graines ailées un courant d'air dégagé au moment de leur libération.

C'est précisément en observant au microscope la concordance entre ces écailles de cônes opposées, ces rameaux caducs et l'orientation des stomates (les minuscules pores respiratoires de l'épiderme) que Shigeru Miki a compris en 1941 que ces fossiles ne pouvaient appartenir ni au genre Sequoia ni au genre Taxodium, résolvant ainsi une énigme qui trompait les paléobotanistes depuis le XIXe siècle.

Géographie de distribution

  • Japon
  • Chine
  • Russie
  • États-Unis
  • Canada
  • Groenland
  • Norvège

Sources

  • Miki, S. (1941). On the change of flora in Eastern Asia since Tertiary period (I). The clay or lignite beds flora of Japan, with special reference to the Pinus trifolia beds in Central Hondo. Japanese Journal of Botany, 11: 237–303.
  • Miki, S. (1953). On Metasequoia, Fossil and Living. Osaka University Press, Osaka.
  • Global Biodiversity Information Facility (GBIF) — Metasequoia disticha (Heer) Miki.
  • Tropicos.org — Missouri Botanical Garden : Metasequoia disticha.

Informations techniques

Synonymes du taxon : Sequoia disticha

Bases de données externes : GBIF, Tropicos

Voir aussi

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