Picrasme
Picrasma
Genre d'arbres et d'arbustes de la famille des Simaroubaceae, connus pour l'extrême amertume de leur …
Nicandra physalodes, souvent appelée pomme du Pérou ou faux-coqueret, est une plante herbacée annuelle vigoureuse originaire des pentes andines d'Amérique du Sud, du Pérou jusqu'au nord de l'Argentine. Elle attire le regard par ses corolles en cloche d'un bleu-violet délicat à gorge blanche, suivies de calices renflés semblables à de petites lanternes de papier, une ressemblance directe avec le genre Physalis que souligne son épithète spécifique physalodes.
Rattachée à la famille des Solanaceae, cette espèce a d'abord été décrite en 1753 par Carl von Linné sous le nom d'Atropa physalodes, avant que le botaniste allemand Joseph Gaertner ne la transfère en 1791 dans le genre Nicandra, baptisé en hommage au poète et médecin grec antique Nicandre de Colophon, auteur de traités sur les venins et les plantes toxiques.
Cette plante annuelle à croissance rapide forme un buisson ramifié et étalé mesurant généralement de 50 à 150 centimètres de hauteur. Sa tige dressée, robuste et légèrement anguleuse, est glabre ou faiblement pubescente à la base, prenant parfois des teintes violacées ou noir luisant sur les jeunes rameaux et les pétioles.
Les feuilles alternes possèdent un limbe ovale à elliptique de 5 à 21 centimètres de long, à l'aspect légèrement gaufré et aux marges irrégulièrement dentées ou sinuées-lobées. Leur surface supérieure présente de minuscules ponctuations sombres d'où émergent de courts poils transparents, et le feuillage dégage une odeur herbacée assez forte lorsqu'on le froisse.
De juillet à octobre, des fleurs solitaires et hermaphrodites apparaissent à l'aisselle des feuilles sur des pédicelles d'abord dressés, puis courbés. Elles présentent une organisation florale caractéristique à cinq pièces :
Le fruit est une baie sphérique brunâtre et plutôt sèche de 1 à 2 centimètres de diamètre, entièrement enfermée dans le calice devenu parcheminé et finement réticulé. Contrairement aux lanternes soudées des Physalis, ce calice fructifère reste profondément divisé en cinq lobes libres jusqu'à sa base et abrite de nombreuses petites graines réniformes brun clair.
La floraison s'étend du milieu de l'été jusqu'au cœur de l'automne, chaque fleur en cloche ne s'ouvrant que quelques heures en milieu de journée.
Bien que toutes ses parties contiennent des alcaloïdes et des lactones toxiques demandant une grande prudence, l'espèce est cultivée depuis le XVIIIe siècle dans les jardins et les collections botaniques pour l'élégance de sa floraison estivale. Ses tiges fructifères, portées par des calices parcheminés aux nervures saillantes, sont régulièrement récoltées et séchées pour la confection de bouquets secs et de compositions florales durables.
Au potager et dans les serres horticoles, les jardiniers utilisent la pomme du Pérou comme plante compagne de protection biologique, d'où son surnom anglais de shoo-fly plant (plante chasse-mouches). Elle attire les aleurodes (mouches blanches) qui piquent son feuillage et s'empoisonnent au contact des nicandrenones, réduisant ainsi la pression des ravageurs sur les cultures maraîchères voisines.
Dans le sud-ouest de la Chine, notamment dans la province du Sichuan, les graines servent depuis la dynastie Qing à préparer un dessert estival rafraîchissant appelé bingfen (gelée de cristal). Les graines, enveloppées dans un linge et frottées dans de l'eau minérale, libèrent une abondante pectine (un gélifiant végétal naturel) qui, additionnée d'un peu de chaux éteinte, se fige en une gelée translucide servie avec du sirop de sucre brun pour apaiser le feu des plats épicés.
En médecine traditionnelle tibétaine et himalayenne, ainsi que dans les pharmacopées populaires d'Amérique du Sud, la plante a été employée à faibles doses contrôlées comme diurétique, fébrifuge, sédatif ou analgésique dentaire, tandis que des décoctions de feuilles ou du jus mêlé à du lait servaient autrefois d'insecticide domestique contre les mouches et les parasites.
Avant même son épanouissement, la fleur met en œuvre un système de protection interne sophistiqué face aux variations climatiques des vallées andines. Tant que le bouton floral est hermétiquement clos, la face interne des sépales sécrète un liquide aqueux grâce à de nombreux hydathodes, de minuscules pores spécialisés dans l'exsudation d'eau.
Les jeunes étamines et le pistil grandissent ainsi littéralement immergés dans un bain liquide protecteur qui les isole de la sécheresse de l'air d'altitude et des écarts thermiques brusques. Lorsque la corolle s'ouvre enfin, uniquement entre le milieu de la matinée et le milieu de l'après-midi, le liquide s'évapore pour laisser place aux abeilles pollinisatrices, et la fleur se referme puis fane parfois une heure seulement après la fécondation.
Pour défendre ses tissus sans gaspiller d'énergie, l'espèce synthétise des withanolides, et plus particulièrement des nicandrenones, des lactones stéroïdiennes complexes dont la structure moléculaire n'a pu être reproduite en laboratoire qu'en l'an 2000, trente ans après leur découverte. Ces composés agissent conjointement avec des alcaloïdes tropaniques (comme la tropinone) et des calystégines pour bloquer le métabolisme des insectes suceurs de sève.
Synonymes du taxon : Nicandra minor, Nicandra undulata, Nicandra nana, Nicandra parvimaculata, Nicandra macrocalyx, Nicandra nebulosa, Nicandra brevicorollata, Atropa daturifolia, Physalis spectabilis, Physalis daturifolia, Atropa physalodes, Calydermos erosus, Pentagonia physalodes, Nicandra physalodes var. violacea
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