Arbre au charbon oriental (Trema orientale)

Arbre à charbon Tréma d'Orient Bois de pigeon Brède-mourongue
IUCN: Préoccupation mineure
#143307
#477233
#8BB978
#2B5616
#202E09

Trema orientale : botanique, morphologie et usages de l'arbre à charbon

Trema orientale est un arbre ou grand arbuste à feuillage persistant qui se distingue par sa croissance fulgurante, ses rameaux étalés en paliers horizontaux et ses feuilles au revers d'un blanc argenté. Répandu à travers les régions tropicales et subtropicales de l'Ancien Monde — de l'Afrique subsaharienne jusqu'au Japon et à l'Australie —, ce colonisateur des lisières tire son épithète spécifique orientale (« d'Orient » en latin) de l'origine asiatique des premiers spécimens étudiés par les botanistes européens.

Intégrée à la famille des Cannabaceae selon la classification phylogénétique moderne, l'espèce a d'abord été décrite en 1753 par Carl von Linné sous le basionyme Celtis orientalis. En 1856, le botaniste germano-néerlandais Carl Ludwig Blume l'a transférée dans le genre Trema, dont le nom grec signifie « ouverture » ou « petit trou », en référence aux fines ponctuations qui marquent le noyau de ses fruits.

Taxonomie

  • ∟ царство Plantae
  • ∟ embranchement Tracheophytes (Plantes vasculaires)
  • ∟ sous-embranchement Spermatophytes (Plantes à graines)
  • ∟ Angiosperms
  • ∟ mesangiosperms (Mésangiospermes)
  • ∟ eudicots (Eudicotylédones)
  • ∟ core eudicots
  • ∟ Superrosids
  • ∟ rosids
  • ∟ ordre Rosales
  • ∟ famille Cannabaceae (Cannabacées)
  • ∟ genre Trema
  • ∟ espèce Trema orientale (Arbre au charbon oriental)

Pouls Vivant

Morphologie

Port et écorce

Selon la richesse du sol et le climat, Trema orientale adopte la silhouette d'un arbuste buissonnant ou d'un arbre élancé atteignant généralement 10 à 18 mètres de hauteur, et jusqu'à 40 mètres dans les forêts tropicales denses. Son tronc cylindrique est recouvert d'une écorce lisse, gris clair à blanchâtre, parsemée de lenticelles allongées — de minuscules pores respiratoires liégeux qui permettent les échanges gazeux du bois vivant.

Les jeunes rameaux, souples et légèrement retombants aux extrémités, sont densément vêtus d'un duvet court et blanchâtre. En vieillissant, ces branches s'étalent horizontalement pour capter un maximum de lumière.

Feuillage

Les feuilles simples sont disposées de manière alterne distique, c'est-à-dire alignées sur deux rangs opposés le long des tiges, ce qui donne aux rameaux l'allure trompeuse d'une grande feuille composée pennée. Chaque feuille est portée par un court pétiole de 8 à 10 millimètres accompagné de deux petites stipules lancéolées qui tombent rapidement après l'ouverture du bourgeon.

  • Le limbe foliaire, de forme ovale-lancéolée, mesure de 5 à 12 centimètres de long pour 2 à 6 centimètres de large et se termine par une pointe effilée en queue (apex acuminé).
  • La base de la feuille présente une asymétrie foliaire marquée : les deux côtés du limbe débutent en cœur léger mais ne se rejoignent pas au même niveau sur le pétiole.
  • La nervation est trinervée dès la base, avec trois nervures principales très saillantes au revers, complétées par 4 ou 5 paires de nervures secondaires et une marge finement dentée en scie.
  • La face supérieure est rugueuse au toucher (scabre) à cause de poils courts et raides, tandis que la face inférieure paraît gris-blanc sous l'effet d'un feutrage dense de poils couchés.

Fleurs et fruits

La plante réunit des fleurs unisexuées ou polygames au sein de petites cymes axillaires — des bouquets ramifiés de 1,5 à 3 centimètres nichés à l'aisselle des feuilles. Ces fleurs discrètes d'environ 3 millimètres de diamètre, dépourvues de pétales, possèdent un périanthe verdâtre à blanchâtre composé de 4 ou 5 tépales.

  • Les fleurs mâles, plus nombreuses à la base de l'inflorescence, renferment 4 ou 5 étamines ainsi qu'un pistillode, vestige stérile d'un ovaire non fonctionnel.
  • Les fleurs femelles, souvent placées vers le sommet du bouquet, abritent un ovaire supère surmonté d'un style divisé en deux branches stigmatiques plumeuses.
  • Le fruit est une petite drupe ovoïde à globuleuse de 3 à 6 millimètres de diamètre, glabre, qui passe du vert au noir brillant à maturité et renferme un unique noyau (pyrène) finement alvéolé.

Période de floraison

Floraison printanière et estivale dans les régions subtropicales (comme au sud du Japon et en Chine), et étalée presque toute l'année sous les climats équatoriaux, avec un pic marqué de décembre à février en Afrique australe et orientale.

Janv
Fév
Mar
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sep
Oct
Nom
Déc

Applications

Reforestation et agroforesterie

Grâce à sa capacité à prospérer sur des terrains appauvris ou décapés, Trema orientale est largement planté par les forestiers pour restaurer les sols dégradés, stabiliser les berges et réhabiliter les anciens sites miniers. Dans les plantations tropicales, il sert d'arbre d'ombrage protecteur pour accompagner la croissance des jeunes essences de bois précieux ou des cultures pérennes.

Artisanat, papier et énergie

Bien que son bois tendre et léger se prête mal à l'ébénisterie durable, ses propriétés physiques répondent à de nombreux besoins techniques et domestiques en Asie et en Afrique.

  • En Inde et en Tanzanie, le bois sec qui s'enflamme très facilement est transformé en un charbon de bois réputé, historiquement recherché pour entrer dans la composition de la poudre noire.
  • L'industrie papetière exploite ses fibres cellulosiques pour produire une pâte à papier dotée d'une bonne résistance à la traction et au pliage, tandis que le bois sert aussi à fabriquer des allumettes, des sabots légers et des flotteurs.
  • L'écorce fibreuse est récoltée pour tresser des cordages solides, et sa richesse en tanins permet d'imperméabiliser et de teindre les lignes ainsi que les filets de pêche traditionnels.

Alimentation, fourrage et médecine traditionnelle

Aux Philippines, au Bangladesh et dans plusieurs régions d'Afrique, le feuillage tendre ainsi que les jeunes fruits constituent un fourrage nutritif distribué aux bovins, aux buffles et aux chèvres. Dans certaines traditions culinaires locales, les jeunes feuilles sont également cuites et consommées par l'homme à la manière d'épinards.

Les pharmacopées populaires d'Afrique et d'Asie utilisent les décoctions de feuilles, de racines et les infusions d'écorce pour calmer la toux, l'asthme, les bronchites, les maux de dents ou la dysenterie, ainsi que comme vermifuge vétérinaire pour les chiens. Des travaux pharmacologiques modernes ont par ailleurs étudié les extraits aqueux de son écorce pour leur capacité à réduire la glycémie sur des modèles animaux de diabète sucré.

Faits intéressants

L'ingénierie d'un pionnier des clairières

Lorsqu'un glissement de terrain, une crue ou un abattis ouvre une brèche brutale dans la forêt tropicale, le sol nu se retrouve exposé à une chaleur intense et au lessivage des pluies. Trema orientale déploie alors une série d'adaptations coordonnées qui lui permettent de conquérir ces espaces hostiles en quelques mois, pouvant grandir de plus de cinq mètres par an au stade juvénile.

  • Le contraste entre les deux faces de la feuille agit comme un régulateur thermique : la face supérieure capte le plein soleil tandis que le tapis de trichomes (poils microscopiques) blancs au revers réfléchit le rayonnement excessif et retient une fine couche d'air humide qui freine l'évaporation.
  • L'étalement horizontal des branches et la disposition distique des feuilles évitent que les limbes ne se fassent de l'ombre mutuellement, transformant chaque rameau en un panneau solaire continu et sans espace perdu.
  • Dans le sol appauvri, ses racines peuvent s'associer à des bactéries fixatrices d'azote atmosphérique, ce qui permet à l'arbre de fabriquer ses propres protéines végétales tout en enrichissant progressivement la terre pour les grands arbres forestiers qui lui succéderont.

Une plaque tournante pour la faune et la zoopharmacognosie

En produisant des fleurs et de petites drupes noires riches en pulpe presque toute l'année sous les tropiques, cet arbre fonctionne comme une station-service permanente pour la biodiversité locale. Les pigeons et les tourterelles s'y rassemblent en grand nombre pour nicher et se nourrir — d'où son surnom anglais de pigeon wood —, assurant en retour la dispersion des graines par endozoochorie (le transport des noyaux intacts dans le tube digestif des oiseaux).

  • Son feuillage nourrit les chenilles d'au moins 14 espèces de lépidoptères, ce qui attire à son tour une multitude d'oiseaux insectivores dans sa couronne.
  • Les primatologues ont observé que les chimpanzés sauvages (Pan troglodytes) souffrant de parasites intestinaux avalent les feuilles entières de Trema orientale sans les mâcher : les poils raides et crochus de la surface rugueuse agissent comme un piège mécanique qui décroche et évacue les vers hors du tube digestif.

Géographie de distribution

  • Afrique du Sud
  • Eswatini
  • Sénégal
  • Gambie
  • Guinée
  • Sierra Leone
  • Libéria
  • Côte d'Ivoire
  • Ghana
  • Mali
  • Burkina Faso
  • Bénin
  • Togo
  • Nigéria
  • Cameroun
  • Tchad
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Éthiopie
  • Érythrée
  • Somalie
  • République centrafricaine
  • Guinée équatoriale
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Gabon
  • République du Congo
  • République démocratique du Congo
  • Ouganda
  • Kenya
  • Tanzanie
  • Rwanda
  • Burundi
  • Malawi
  • Mozambique
  • Zambie
  • Zimbabwe
  • Angola
  • Namibie
  • Madagascar
  • Seychelles
  • La Réunion
  • Maurice
  • Comores
  • Mayotte
  • Arabie saoudite
  • Oman
  • Yémen
  • Inde
  • Sri Lanka
  • Népal
  • Bangladesh
  • Myanmar
  • Thaïlande
  • Laos
  • Viêt Nam
  • Malaisie
  • Indonésie
  • Philippines
  • Chine
  • Taïwan
  • Japon
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Îles Salomon
  • Australie
  • Nouvelle-Calédonie
  • États-Unis

Informations techniques

Synonymes du taxon : Sponia africana, Sponia strigosa, Sponia glomerata, Sponia nitens, Celtis orientalis, Sponia guineensis, Celtis glomerata, Sponia commersonii, Trema guineense, Colubrina leschenaultii, Sponia wightii, Trema hochstetteri, Trema griseum, Celtis guineensis, Sponia affinis, Trema wightii, Celtis ituriensis, Trema scaberrimum, Trema burmanni, Trema bracteolatum, Sponia hochstetteri, Trema argenteum, Trema strigosum, Ceanothus leschenaultii, Trema nitens, Trema commersonii, Sponia lucida, Sponia bracteolata, Trema guineensis, Trema glomeratum, Trema affine, Trema africanum, Celtis commersonii, Trema sieberi, Celtis laeta, Sponia scaberrima

Bases de données externes : GBIF, POWO, Tropicos

Voir aussi

Picrasme

Picrasme

Picrasma

Genre d'arbres et d'arbustes de la famille des Simaroubaceae, connus pour l'extrême amertume de leur …